Tu ne feras point cuire un chevreau dans le lait de sa mère… (Ex 23:19 et 34:26)

Selon la tradition juive, ce commandement nous interdit de consommer de la viande et du lait en même temps. Cette loi est véritablement le pilier sur lequel se fonde le Shoulhan Aroukh (Table dressée). Cet ouvrage, code de loi judaïque majeur, comprend les lois relatives à la conduite à adopter dans la vie de tous les jours. Même les juifs moins religieux s’efforcent de respecter l’interprétation erronée de cette loi. Ils vont jusqu’à aménager deux cuisines différentes dans un même logis afin de s’assurer que jamais la viande et le lait ne rentrent en contact l’un avec l’autre. S’il n’y a pas assez de place ou d’argent pour en avoir deux, ils utilisent leur seule cuisine un certain temps sans lait, un certain temps sans viande en désinfectant en profondeur l’intégralité de la pièce et de sa batterie afin d’être certain que les éléments ne se mêlent. Cette interdiction est observée à tel point, qu’un juif religieux évite de boire du café au lait plusieurs heures après avoir consommé de la viande, le temps d’être bien sûr que la digestion soit faite et que les deux ne se mélangent dans son estomac et ses intestins. Depuis des siècles, ce commandement contraint la communauté juive tout entière à gaspiller une énergie, un temps et des sommes colossales afin de respecter une interprétation qui leur a été donnée par de grand « sages ». (Voir texte sur les lois judaïques)

L’Éternel a cependant émis cette parole pour une raison tout autre. Une majeure partie de la parashat dans laquelle nous trouvons cette loi, porte sur l’attitude à adopter vis-à-vis des plus démunis. Il est évident que les animaux ont aussi leur place dans cette providence. Les animaux aiment également leurs petits. Si l’on cuit un chevreau dans le lait de sa mère, ceci implique que sa mère lui a survécu, ayant donné le lait en question pour sa cuisson. Même si elle n’a pas forcément assisté à l’abattage de son petit, elle ressent son manque, renifle l’odeur de son sang et est tout à fait consciente de la disparition de son petit. Comme les animaux ne disposent pas d’expressions du visage et de langage susceptible d’être interprété et compris par l’homme, nous aurions beaucoup de mal à percevoir la douleur d’un tel animal. Ainsi peuvent facilement se développer des coutumes faisant complètement abstraction des sentiments des animaux, car l’homme pourrait penser qu’il n’en ont pas. Si par contre l’animal souffre, cela a une répercussion sur les produits qu’il nous offre. En effet, l’état d’esprit déclenche la production d’hormones. Celles liées à l’amertume empoisonnent la viande, le lait et tout l’organisme, et finissent ainsi par passer dons le nôtre.

De mon côté, je m’efforce de ne pas boire de café au lait après avoir consommé de la viande lorsque je me trouve dans des milieux juifs. Non parce que j’accepte cette interprétation de la loi, ou que je veuille jouer le bon juif de manière hypocrite, mais bien parceque je ne souhaite scandaliser personne. De même que les premiers disciples ont reçu l’ordre de consommer la viande d’offrande des temples païens dans les Actes des Apôtres, car le ministère de mener notre prochain au Christ prévaut sur le respect momentané de certains commandements, ou dans ce cas, sur le NON respect de décrets humains.

Ne soyons donc jamais ni des pharisiens ni des anti-pharisiens acharnés, car les mêmes conséquences négatives peuvent en résulter. Les mêmes portes peuvent se refermer devant les juifs aujourd’hui que celle qui auraient pu se refermer alors devant les grecs, si l’Éternel n’était intervenu auprès des apôtres afin de les raisonner. Cette porte par laquelle le Roi peut entrer dans la vie des autres.

Zeev Shlomo 24.01.2014