Lorsque l’on parle des juifs avec des non juifs, qu’ils soient croyants ou non, tout va pour le mieux jusqu’à ce que le concept de Peuple Élu ne surgisse. Nous pouvons observer que l’esprit de l’égalité entre les hommes si caractéristique à l’homme moderne explose et s’oppose à ce que quiconque prétende appartenir à un peuple Élu, c’est-à-dire supérieur aux autres, selon eux. L’esprit de l’égalitarisme ou plutôt de l’uniformisation – mécanisme démoniaque encore appelé globalisation ayant pour but d’abolir les frontières entre les peuples et les ethnies – surgit avec fureur pour essayer de détruire une réalité voulue par l’Éternel. Le plus intéressant dans tout ceci est que plus l’individu en question se considère comme l’ennemi de la globalisation, plus l’opposition contre le concept de peuple élu est virulente.

Les accusations bien connues retentissent à chaque fois: « comment un quelconque peuple peut-il se permettre de se déclarer élu par rapport aux autres », ou bien « vous vous prétendez être le peuple élu, nous aussi – les nationalistes hongrois par exemple ont une conscience de peuple élu parmi les nations -, « ainsi pourquoi votre élection serait-elle plus légitime que la nôtre et qui prouve que ce soit vous qui ayez raison? … et puis nous sommes tous égaux devant Elohim et il nous aime tous autant les uns comme les autres », etc.

Ces derniers jours, on m’a posé des questions concernant le peuple juif à deux reprises et le statut de peuple élu était à chaque fois refusé de manière catégorique. La première personne était inculte, c’est-à-dire qu’elle ne croît pas en la rédemption de Christ, mais à une certaine forme de divinité unique, l’autre par contre était le membre d’une église chrétienne ayant foi en Christ, mais rejetant visiblement le fondement de la Parole et de la Volonté divine en refusant d’admettre le rôle élémentaire que le peuple juif s’est vu donner. Dans ce dernier cas, j’ai dû me rendre à l’évidence que beaucoup de personnes se définissant elles-mêmes comme croyantes et fidèles, n’ont aucun respect et aucune foi en la Parole de l’Éternel et se rebellent de manière consciente contre sa volonté et ses révélations. Cet homme était en outre le membre d’une église où l’Ancien Testament est un peu plus pris au sérieux que dans les églises chrétiennes en général.

En hébreux, le terme d’élection a un sens très différent que dans les autres langues. L’esprit européen basé sur la féodalité et l’hellénisme définit l’élection comme un privilège et se trouve être le synonyme de fainéantise, d’exploitation, de tyrannie et de règne sur les personnes assujétties. Il est très important de bien se rappeler que l’Éternel n’a pas doté les mots hébreux originaux de la teneur que la vulgate et les autres traductions lui ont octroyées par la suite. L’Éternel a choisi le peuple juif pour accomplir un ministère et pour servir sa cause. Le ministère auquel il assigna les juifs est le même que celui pour lequel il appela les membres de tous les autres peuple depuis la venue de Christ sur la terre. Il s’agit d’une élection consistant à apporter la Parole de יהוה et l’Évangile vers tous ceux qui ne la connaissent pas encore. יהוה choisit Israël pour représenter et divulguer ses Lois aux les nations. L’élection n’est pas la marque d’un privilège que le peuple peut exercer sur les autres peuples, mais implique bien au contraire une responsabilité quasi parentale, ou plutôt fraternelle vis-à-vis de ceux n’ayant encore aucune connaissance concernant le Créateur de ce monde. Il ne s’agit donc aucunement d’un privilège, mais d’une responsabilité lourde et difficile à assumer.

Tout comme un grand-frère s’occupe du plus petit et fait office de main droite du père et de la mère, notre devoir est de nourrir nos frères et nos soeurs de cette nourriture spirituelle qui ne vient pas de nous, mais qui nous a été donné par notre Père à tous. Le grand-frère est un modèle pour les suivants. Il montre comment se comporter avec les parents, il prend une part active dans l’apprentissage des plus jeunes aux côtés des parents. Voilà le véritable sens du mot élection en Hébreux. Le peuple juif est le frère aîné ayant le premier été avisé de la volonté du Père Céleste. Nous sommes les aides de notre Père à tous.

L’exemple le plus parfait du sens du mot Élection est lorsque l’Élu parmi les Élu, Yéshoua lui- même, nous donne l’exemple de ce qu’est notre rôle en tant que petits élus, soyons-nous juifs ou nés de nouveaux en Christ. Lorsque notre Maître s’agenouilla et se mit à laver les pieds de ses disciples. Voilà l’essence du mot Élection ainsi que la représentation imagée par excellence de l’identité du juif: une sorte d’aide soignant. Bien que Pierre eut été juif, il avait du mal à

comprendre le comportement étrange de Yéshoua. De même, ceux qui accusent les juifs de communautarisme et de peuple vaniteux sont incapables de comprendre notre nature.
Yéshoua était lui aussi élu parmi les élus. Ainsi n’a-t-il pas été accepté par les dirigeants pharisiens qui contrôlaient le peuple à l’époque. Les prêtres de son temps, à l’instar des antisémites d’aujourd’hui, ont refusé l’élection de l’Élu légitime afin de protéger leur élection supposée et illégitime.

De manière un peu profane, ce n’est pas avec les paroles de la Bible qu’il faudrait leur répondre et leur faire comprendre le poid de notre élection, mais avec les paroles d’un film bien connu : « je sais que c’est nous que Tu as choisi, mais ne pourrais-tu pas de temps à autres choisir quelqu’un d’autre? ». (du film: « Le violoniste sur le toit. Cette réplique intervient dans le film, lorsque le chef de police annonce au protagoniste l’arrivée d’un pogrom dans leur village.

En effet, le peuple juif s’est refermé sur lui-même au fil du temps, car les autres peuples n’ont généralement pas bien accueilli la Parole du Seigneur qui nous a été donné de représenter. Ce qui peut paraître être de l’orgueil et de la ségrégation de notre part, n’est autre qu’un réflexe d’auto-défense, de prévention et de précaution afin d’éviter de nouvelles réactions hostiles de la part des peuples parmi lesquels nous sommes disséminés, car le sceau de l’Éternel est sur notre front.

Celui par contre qui n’est pas juif, mais souhaite malgré tout faire partie du Peuple Élu, en a la possibilité. C’est justement ce que veut l’Éternel, que tous soyez les bénéficiaires de son élection. Le gage de ce statut est exclusivement l’Alliance avec Christ. Il faut cependant savoir que l’élection, c’est-à-dire l’Alliance n’est valable que si l’on accepte l’intégralité de la Parole révélée, y compris l’élection initiale du peuple d’Israël. Ce n’est que sous cette condition que l’élection est possible – bien que de nature un peu différente de la nôtre – afin d’accueillir les nouveaux adhérents et de les servir comme Yéshoua servit ses disciples.page5image1642752page5image1645872

Zeev Shlomo

14.08.2014

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