Va en Égypte

Au début du récit, le destin d’Abram est encore peu clair à nos yeux. Il reçoit l’ordre de se rendre sur la terre que l’Éternel lui montrera. Suite à son arrivée en terre de Canaan, une famine frappe la région. Il est difficile de comprendre pourquoi une telle fatalité s’abat sur le pauvre homme dès son arrivée (bien que nous ne sachions pas réellement le temps qui s’est écoulé entre son arrivée et le début de la famine). Pour l’instant, Abram paraît encore parfaitement soumis à יהוה et le malheur le rattrape malgré tout. Cela ne fut pas pour lui la punition ou la conséquence d’une faute, mais il était dans la volonté de יהוה qu’Abram, tout comme chacun d’entre nous, fasse la יהוה ,connaissance de l’Égypte. Il y présente sa femme comme étant sa soeur conséquence de quoi frappe le pays de plaies. Abram a un peu faussé la réalité et ce sont malgré tous les “innocents” égyptiens qui en paient les frais.

Abram est bénis de surcroît par toutes sortes de dons en échange de sa femme qu’il pourra par la suite garder même lorsque le subterfuge sera démasqué. Ces dons de la part de Pharaon constituent une partie de la fameuse fortune d’Abram. Le capital de base du peuple d’Israël provient en grande partie de ce trésor offert par l’Égypte en échange de Saraï. (Ce trésor public provient en partie des biens avec lesquels Abram quitta son peuple et sera par la suite complété par le don d’Abimélekh). L’Éternel montre ensuite à Abram quel sera la destinée de sa descendance. Le peuple devra suivre un parcours similaire au sien : ils se rendront en Égypte suite à une famine où ils séjourneront en tant qu’esclaves durant quatre siècles avant d’en sortir finalement munis d’une très grande fortune qui leur sera léguée par les Egyptiens. Cette fortune n’est autre que celle que le peuple y avait perdu auparavant. La fortune d’Abraham leur avait échappé suite à l’exil et à leur condition d’esclave à laquelle ils avaient été réduis.

Au début de notre parcours de croyant, nous commettons aussi des erreurs et trébuchons lorsque les épreuves se succèdent. Nous ne devons cependant pas toujours en subir les conséquences néfastes. Au contraire, nous nous en sortons souvent encore plus bénis qu’avant, tout comme Saraï bénéficiait de la protection divine contre les méfaits de Pharaon et qu’Abram put garder le bien qu’il avait reçu en échange de sa “soeur”. Ceci est une situation bien confortable. Nous commettons des erreurs et ne sommes même pas grondés, au contraire, on reçoit des câlins comme des petits enfants. Beaucoup d’entre nous souhaiteraient préserver cet état d’infantilisme spirituel. Il est en effet très bon de vivre sur les genoux de יהוה comme un petit enfant, mais lorsque sonne l’heure de l’âge adulte et que nous souhaitons rester des enfants, et bien cela ne marchera pas. Car יהוה ne nous a pas appelés à rester d’éternels nourrissons, mais souhaite faire de nous des adultes responsables. L’unique chose qui doit subsister de notre enfance c’est la pureté de notre cœur et rien d’autre. Ce cœur par le biais duquel nous jugeons et appréhendons notre prochain en amour et de manière totalement désintéressée. Ceci est peut-être l’une des principales raisons pour laquelle beaucoup stagnent et qu’après un certain temps, n’arrivent pas à faire le moindre pas en avant en esprit. Nous rejetons toute responsabilité, comme le jeune qui refuse de rentrer dans l’âge adulte et reste un éternel adolescent rebelle. Lorsque nous imaginons être des enfants, nous mentons principalement à nous-mêmes. En somme, nous nous rendons spirituellement impuissants et inutiles.

Mais il y a une autre grande erreur que nous commettons. Nous renonçons à l’l’extrême à tout ce qui provient d’Égypte, à tout ce qui faisait partie de notre vie antérieure. Nous fermons la porte devant notre passé de manière drastique et fuyons dans notre cocon religieux comme dans un monastère d’où nous refusons catégoriquement de sortir pour nous rendre dans le monde. C’est pourtant bien dans ce monde qu’est notre place selon la volonté de Christ exprimée dans la prière sacerdotale. C’est dans ce monde que nous devons exercer notre ministère. Nous ne pouvons être sous son joug en esprit, mais physiquement, ce monde a bel et bien besoin de notre présence. C’est par ailleurs de ce monde que provient toute notre fortune, tout notre savoir, nos biens matériels et nos connaissances dans divers domaines qui nous permettent d’accomplir notre ministère et d’aller porter la Bonne Nouvelle vers les égyptiens. Il est déconseillé de rejeter tout cela. Ne rejetons pas non plus tous les aspects des sciences humaines qui, aux premiers abords, peuvent sembler contredire la Parole de יהוה, car il peut facilement s’avérer qu’elles la confirment au contraire.

Il existe encore une troisième histoire d’exil en Égypte dans la Bible. Il s’agit de l’exil de notre Seigneur durant son enfance, lorsqu’il fut obligé de fuir la persécution d’Hérode. Yéshoua a passé une grande partie de son enfance en Égypte accomplissant ainsi la prophétie contenue dans la haftara de cette semaine. La lumière des nations a dû faire connaissance avec ces peuples, les gentils pour lesquels il est descendu dans ce monde afin que la connaissance de l’Éternel et la Rédemption leur soit également offerte. Par cela, il nous a montré l’exemple. Il ne lui était pas nécessaire de faire la connaissance de qui que ce soit, car il connaît originellement tout le monde. Malgré tout, en tant qu’homme de chair, il a lui aussi parcouru les étapes que nous devons parcourir à notre tour.page6image1634224page6image1603024

zeev shlomo 11.10.2013