MIKETZ

MIKETZ

La reconnaissance de Joseph

Lorsque l’étau se resserre autour de nous, lorsque le monde nous rejette, quand les problèmes font surface même au sein de notre communauté (où les conflits et les injustices ne sont pas rares), nous avons souvent tendance à nous identifier à Joseph. Il est bon de lire qu’il a existé quelqu’un ayant subi de semblables préjudices, quelqu’un qui fut poussé dans la citerne par ses propres frères comme nous le sommes parfois nous-mêmes. Notre identification à Joseph est cependant souvent illicite et dangereuse. Dans l’enseignement de la parashat de la semaine dernière, il était question du fait que Joseph préfigurait Christ. En outre, parmi les préfigurations de Christ, Joseph était le plus pur et le plus proche de la Sainteté du Messie. Joseph était l’un des personnages le plus dépourvu de tout instinct humain. Il vaut mieux être très vigilant lorsque nous nous comparons à un tel personnage, car nous pouvons facilement nous induire en erreur. Joseph n’a aucun péché à son actif, du moins selon le récit biblique. De notre côté, nous pouvons rarement en dire autant. Les mauvaises nouvelles apportées à son père furent elles aussi voulues par יהוה et il n’est nullement question d’une faute ou d’un quelconque abus de pouvoir de sa part. Seul la « bonté » humaine et l’humanisme en soi sont à l’origine des doutes et des accusations contre Joseph tout comme dans nombres d’autres cas de personnages de la bible, voir du peuple juif lui-même. Dans un monde à tel point humano- et égocentrique que celui dans lequel nous vivons actuellement, c’est l’esprit cherchant sans cesses les circonstances atténuantes afin de légaliser le péché et piétiner la Loi de יהוה qui tente de faire transparaître Joseph en tant que vulgaire mouchard commettant sans cesse le péché de la mauvaise langue (Lashon HaRa).

Lorsqu’il nous arrive un ennui, nous avons coutume de nous identifier le plus souvent à Joseph de manière instantanée comme pour renforcer en nous notre innocence supposée. C’est néanmoins le plus souvent à Jonas que nous devrions nous comparer. Car en effet, si dangers ou injures nous atteignent c’est bien le plus souvent en raison de notre insoumission envers יהוה. Lorsque les ténèbres nous entourent, pensons toujours s’il s’agit réellement de la citerne de Joseph ou plutôt tout simplement du ventre du poisson à l’instar de Jonas fuyant sa destinée. Car dans son cas, ce fut en raison de sa désobéissance que les marins le jetèrent par dessus-bord. Il est bon de bien clarifier la situation faute de quoi nous risquerions de piétiner en esprit sans pouvoir avancer, car n’ayant pas l’humilité de voir nos fautes afin de nous en libérer par l’imploration de la Grâce du Seigneur. Nous aimerions toujours êtres comparés à Joseph, car nous ressentons sa pureté et y aspirons nous-mêmes. Nous avons surtout du mal à avouer nos fautes et il est plus facile de s’identifier aux vainqueurs. Mais dans la plupart des cas, nous devrions nous contenter du titre plus modeste de Jonas afin de pouvoir aller de l’avant et ressembler un peu plus au Joseph tant convoité. Jonas a du subir les conséquences de sa faute. Il était vraiment un homme de יהוה, un grand prophète, l’un des personnages phares de la Bible, il avait malgré tout certaines choses à remettre en ordre dans sa relation avec l’Éternel.

Tout ceci n’exclut naturellement pas que nous soyons nous aussi de temps en temps sujets à des persécutions lâches et injustes. Les problèmes n’arrivent pas que si nous sommes insoumis. Nous avons d’ailleurs la lourde promesse de subir des persécutions en raison de notre foi en Christ. Nous sommes souvent faussement accusés par notre prochain et nous devons subir cela en silence. Il faut aussi éviter de tomber dans l’autre extrême et nous juger sans cesse, essayant de toujours trouver quelque chose de mauvais en nous, même ce qui ne s’y trouve pas, juste pour contenter יהוה ou notre propre esprit de religiosité. Il est sage d’avoir en nous cette humilité de d’abord nous prosterner devant יהוה en tant que Jonas pour qu’à l’occasion ce soit lui-même qui nous rassure en nous disant que c’est en raison de notre pureté et en Son nom que nous sommes rejetés par notre entourage. Qu’Il soit toujours le Seul à avoir le droit de nommer la nature de notre mal.

L’humilité ne s’arrête pas ici d’ailleurs. Car nous avons nos propres Joseph. Nous ne pouvons jamais savoir qui ils sont et quand ni de quelle manière nous les poussons au fond du trou. Peut- être nous désignons-nous en tant que Joseph alors qu’on est qu’un parmi les frères de Celui que l’on croît être.

zeev shlomo

29/11/13

VAYESHEV

VAYESHEV

Joseph berger parmi les bergers

Dès le début de son histoire, nous apprenons que Joseph rapportait de mauvaises nouvelles à son père concernant ses frères nés des servantes de Léa et Rachel. Cela peut ne pas paraître très positif à première vue et nous pourrions croire que Joseph était un enfant gâte qui dénonçait délibérément ses frères afin de les discréditer aux yeux de son père pour raffermir sa propre image. Cependant, c’est Jacob lui-même qui envoyait son fils remplir cette mission et il ne s’agissait absolument pas de porter de fausses accusations, mais bien de garder un œil bienveillant sur des fils qui en avaient sans aucun doute malheureusement besoin. Jacob a commis beaucoup d’erreurs dans le passé, car il était un homme, un jeune homme plein de vitalité et d’hormones ayant souvent repoussé l’accomplissement de la volonté divine dans sa vie. Nous sommes néanmoins arrivés ici à une phase de la vie de Jacob, où sa propre personne commence à se dissiper pour laisser place à l’Israël que יהוה a toujours voulu façonner en lui. Chez Joseph, nous voyons un Jacob beaucoup plus serein et sage de par sa vieillesse et son expérience. Nous découvrons un homme de plus en plus conscient de la nature de son appel ainsi que de celui de ses fils, notamment celui de Joseph. Selon moi, Jacob n’a pas commis d’erreur en préfèrent Joseph à ses autres enfants. Il n’a pas commis de faute en lui faisant faire une tunique multicolore et en l’envoyant « espionner » ses frères. Ce traitement de faveur était bien dans la volonté de l’Éternel. L’élection de Joseph parmi ses frères, tout comme celle de Jacob face à Ésaü était voulue par יהוה et n’était absolument pas le fruit d’un sentiment humain. Ce ne fut pas Isaac et Rebeca qui décidèrent que Jacob serait le préféré de יהוה. Dans le cas de Joseph, il en va de même. Joseph est un personnage séparé parmi les 12 fils de Jacob, un envoyé parmi les envoyés ayant un appel pastoral à remplir parmi ses frères. Les pasteurs forment eux aussi un troupeau qui se dissipe et se disperse à l’occasion laissant ainsi les troupeaux qui leur sont assignés sans surveillance ni protection.

C’est ainsi que יהוה envoya son unique Fils afin de veiller sur son Peuple, pour qu’Il Lui rapporte des nouvelles sur leur comportement et en fin de compte, en vue de rassembler le troupeau spirituellement égaré. Yéshoua HaMeshiah était lui aussi détesté de la plupart de ses frères pour les mêmes raisons que Joseph, car il avait une relation plus profonde et plus intime avec le Père, un vêtement plus beau, un appel plus valeureux.

Jacob a bel et bien agi selon la volonté de l’Éternel en favorisant son fils Joseph et en l’envoyant vers ses frères dans un vêtement particulier. Cela était justement dans l’intérêt des frères ingrats, afin qu’ils ne se dispersent pas et qu’ils ne gâchent pas le patrimoine familial. C’est cette providence qu’ils refusèrent par le rejet de Joseph.

Les rêves de Joseph

Joseph fait deux rêves dont l’un va jusqu’à mettre son père en colère. L’un met en scène des gerbes et l’autre des astres. Les gerbes de ses frères se prosternent devant la sienne et le soleil, la lune et onze étoiles se prosternent directement devant Joseph. L’accomplissement de ces prophéties semble d’ailleurs ne pas se faire attendre trop longtemps. En effet, la famine éclate assez rapidement et les onze frères se vautrent aux pieds de Joseph habillé en prince d’Égypte. Les gerbes des frères se sont bel et bien inclinées devant celle de Joseph. Cependant, seul le premier rêve se réalise ici. Jacob lui, ne se prosterne pas devant son fils et sa mère Rachel encore moins étant donné qu’elle est morte bien avant que ses rêves entrent en scène. Comment se réalise donc ce deuxième songe, lorsque le soleil et la lune, c’est-à-dire son père et sa mère glorifient leur fils? La concrétisation de cette prophétie ne se fait pas dans le monde visible. Il s’agit d’un événement qui s’accomplissent en esprit lorsque les âmes de Jacob, de Rachel et des onze frères rencontrent et reconnaissent en tant que Messie et Rédempteur, la personne de Yéshoua HaMashiah de Nazareth et ce, au Royaume de יהוה. Les onze étoiles quant à elles ne se limitent pas aux personnes des onze frères de Joseph, mais représente bien leur entière descendance, les fameux 144000 sauvés, l’intégralité du Peuple d’Israël qui a la promesse de reconnaître l’identité véritable de leur Messie et qui se prosterneront aux pieds de Yéshoua HaMashiah.
Du point de vue humain, il est en effet scandaleux d’entendre un enfant tenir de tels propos sur ces parents, surtout dans le contexte moral et historique du Moyen-Orient de l’époque. Jacob s’en offusque lui-même, il garde néanmoins cette histoire dans sa mémoire, car présentant malgré toute la véracité des visions de son enfant prodige. C’est à ce stade du récit que nous pouvons comprendre la contradiction des propos de Jésus tenus aux pharisiens lorsqu’Il se disait être le fils de David et son Seigneur par la même occasion (Marc 12: 35-36). Le parallèle est identique. Tout comme Joseph fut la préfiguration de Christ, son appel était la représentation d’un tel Pouvoir que même ses parents doivent s’incliner devant son Pouvoir. De façon similaire, bien qu’étant physiquement parlant le descendant du Roi David selon son arbre généalogique, en Esprit, c’est Christ qui règne sur tous et sur toutes choses.

Nombres de personnages bibliques sont préfigurateurs de Yéshoua HaMashia, tout comme Moïse. Cependant, peu font preuve d’autant de pureté et d’innocence que Joseph. Il était celui qui incarnait le mieux la sainteté du Plus Saint. Joseph était l’un des personnage biblique chez qui le côté humain était le plus incident. Aucune trace d’insoumission ou d’erreur humaine dans son cas. Il préfigura en effet ce Jésus Christ de Nazareth qui comme lui fut rejeté par ses frères de sang et vendu non pas pour 20, mais pour 30 pièces d’argent par l’un d’entre-eux et aux pieds duquel se prosternent en permanence l’esprit de Jacob et celui de Rachel.

De juif à égyptien, d’égyptien à juif

Joseph est né, comme qui dirait aujourd’hui, juif, mais pour formuler plus précisément, il est né israélite. (Le terme de juif provenant des descendants de Juda et Benjamin chassés d’Israël lors de la destruction du second Temple en 70 de notre ère et formant aujourd’hui ce qui reste du peuple d’Israël). À cause du péché de ses frères, il a cependant été forcé d’endosser une identité différente pour un certain temps. Joseph fut un don de l’Éternel à sa famille et à ses frères en particulier afin que par sa vision, sa fidélité et sa vertu, il puisse veiller sur eux et les servir. Eux par contre, ont refusé cette providence. Pour cette raison, יהוה a confié son Serviteur à une puissance étrangère pour un certain temps. Les égyptiens ont vu et ont accepté la suprématie de Joseph a tel point, qu’ils l’ont pratiquement élevé au rang de pharaon. L’Égypte en a voulu et se l’est offert pour 20 sicles afin de l’utiliser et de l’exploiter à ses propres fins. Bien que par intérêt personnels ou plutôt communautaires, les égyptiens l’aimaient et le respectaient. À tel point que le souverain païen suprême le désigna comme son bras droit. Suite au rejet de Jésus Christ, le même processus s’est enclenché. Le personnage de Jésus a été racheté par un empire spirituel où Il reçut une place privilégiée aux côtés ou plutôt un cran en dessous du pharaon. Dans cet empire plus puissant que jamais, son nom est invoqué avec amour et respect parmi beaucoup d’autres divinités étrangères. Nous savons bien qui sont ces pharaons et quel est cet empire. Du démon de la fausse vierge Marie en passant pas la horde de « saints » et autres institutions humaines nommées églises, nous arrivons en somme à la personne du Pape et autres autorités « pastorales » qui, le nom du Christ à la bouche, s’arroge le droit de gouverner sur des milliards d’êtres humains. Comme Joseph, un autre habit, un autre visage et même une autre identité lui a été octroyé. Ne soyons pas dupes, car il ne s’agit pas ici simplement que de l’église catholique, bien que cette dernière en soit le chef d’orchestre. Nous parlons ici d’un mouvement plus vaste qui va au-delà des frontières de Rome et qui englobe tous les courants spirituels, même nombre de chrétiens « ultra-reformés ». Les icônes, les statues et autres manifestations souvent charismatiques du dieu barbu au visage pale sont autant de falsifications de la véritable personne du Messie. L’œcuménisme est incontestablement aujourd’hui le plus grand obstacle à la reconnaissance de l’essence de la personne du Messie.

Bref, nous voyons en Joseph un juif devenu autorité suprême égyptienne. C’est par le biais de Joseph que le Peuple est entré en Égypte. Ce sera plus tard par la personne de Moïse qu’il en sortira. Joseph est né israélite et devint pratiquement pharaon, Moise quant à lui commencera sa vie comme presque pharaon pour finalement redevenir israélite. Une histoire semblable s’est déroulée il y a à peu près 2000 ans. Lorsque Yéshoua fut vendu à l’Égypte de l’époque, à Rome qui l’utilisa en grande partie à des fins étrangères à la volonté du יהוה Éternel qu’Il incarnait. Mais יהוה intervient dans la vie de chacun et envoie son Esprit Saint afin de proposer l’original et lever le voile sur la fraude. Il est dans la volonté de l’Éternel que le culte des idoles se transforme en véritable Rédemption et Délivrance. Que lorsque ceux qui inconsciemment se tournent vers les falsifications de notre Sauveur, puisse reconnaître qui il est réellement. יהוה veut que tous passent du culte des crucifix au règne de l’Esprit de Christ. En revanche, la robe pourpre qu’Il portait avant sa mort lui fut donnée par les soldats romains. Son vêtement coloré à Lui est blanc comme neige.

Les juifs d’aujourd’hui connaissent Jésus et le voient habillé d’un vêtement romain et souverain d’un empire païen. Pour eux, Il demeure un étranger éveillant en eux la frayeur dès lors qu’ils sont persécutés en son nom depuis deux millénaires. La famine commence néanmoins à tourner de plus en plus leurs regards dans sa direction. La voix de Jacob, celle du Père leur annonce déjà qu’ils doivent partir à sa rencontre afin de ne pas mourir de faim. Qu’ils aillent voir cet « égyptien » que le pouvoir païen a mis à sa tête, car c’est en effet chez Lui que se trouve le grain de la vie. Sa parole contenue dans le Nouveau Testament annonce l’accomplissement de toutes les prophéties et promesses faites dans la Tanakh (Ancien Testament) et desquelles le Peuple Élu a faim et soif depuis des milliers d’années. Jacob n’a pas envoyé ses fils en Égypte pour qu’ils deviennent des égyptiens, mais bien pour qu’ils restent en vie et puissent revenir guéris et reprendre leur place au sein de leur peuple dans leur identité. Finalement, lorsqu’en toute humilité, ils finissent par s’incliner devant Joseph, celui-ci se dévoile à eux et cet à ce moment que Joseph redevient israélite, le Jopseph qu’il a toujours été. Il a rempli son appel et a retrouvé son identité. Le peuple a malgré tout du rester en Égypte pour un temps afin que la promesse faite à Abraham se réalise.page21image1636304page21image1602816

zeev shlomo

23/11/13

VAYISHLAH

VAYISHLAH

Paix avec l’ennemi

Jacob quitte les terres de Laban avec sa famille et son bétail puis envoie des messagers vers son frère Ésaü afin de lui annoncer qu’il possède beaucoup de richesses. La nouvelle revient informant Jacob que son frère arrive vers lui escorté par 400 soldats armés jusqu’aux dents. Ils ne se sont plus vus depuis 20 ans. Autant d’années n’ont pas suffi à apaiser la colère d’Ésaü. Jacob prend naturellement peur et divise les siens en deux groupes afin d’en préserver un au cas où l’autre serait pris d’assaut par les troupes d’Ésaü. Il se tourne ensuite vers יהוה en prière. Nous voyons donc un homme en péril à qui vient une « bonne idée » qu’il réalise sur-le-champ et puis, implore l’aide du Seigneur.

Tous les problèmes auxquels j’ai dû faire face jusqu’à présent dans ma vie, exceptés ceux qui m’ont été donnés par יהוה en tant qu’épreuves, provenaient de ce genre de processus inversé. La majorité de mes ennuis sont conséquences du fait que j’ai d’abord une bonne idée à moi, que j’exécute sur l’instant avant de finalement me tourner vers Celui auquel j’aurais du d’emblée demander de l’aide. Nous nous imaginons souvent être assez croyants, assez purs et fidèles à Christ pour pouvoir juger sur le coup et prendre des décisions instantanées basées sur notre sagesse supposée. C’est là que les problèmes surgissent. Assez bruyamment d’ailleurs pour nous ouvrir les yeux sur notre erreur et nous rendre compte Qui est l’unique solution à tous nos maux.

Après avoir réveillé le fauve, Jacob élabore encore une stratégie. Il souhaite se racheter littéralement auprès de son frère. Il tente d’établir une paix durable, à l’amiable et de gagner sa sympathie a défaut de son amour. Il propose à Ésaü une partie de la richesse reçue de יהוה en signe de sa soumission à l’autorité de son frère.

Comme nous pouvons le lire, pour une raison inconnue, Ésaü fond en larmes à la vue de son frère et de sa famille. Il semblerait que יהוה ait accompli en lui aux préalables ce qu’il avait accompli en Laban dans la parashat de la semaine dernière lorsqu’il lui donna l’ordre de ne pas nuire à Jàcob, son serviteur.

L’ennemi ne se résigne cependant pas aussi facilement. Il propose d’abord à Jacob de s’allier à lui avec tout ce qu’il possède. Jacob refuse. Ésaü tente alors de le convaincre d’accepter que quelques-uns de ses hommes escorte Jacob et sa maison sur leur chemin. Jacob refuse de manière subtile également. Nous voyons ici à quel point l’ennemi refuse de lâcher prise et se débat jusqu’au bout afin de garder un certain contrôle, une certaine vue sur la vie de celui qui .יהוה avance sur le sentier de

Ésaü a finalement accepté de n’avoir reçu que la bénédiction secondaire de son père. Voyant la situation de Jacob, les années de servitude chez son beau-père, Ésaü fini lui-même par comprendre qu’il n’a que faire d’une bénédiction qui a pour résultat le calvaire de son frère. Ésaü n’a certainement pas travaillé aussi dur que Jacob afin d’acquérir sa fortune. Nous pouvons imaginer la façon dont un chasseur comme lui a bien pu s’enrichir. Ésaü est un homme du monde et en tant que tel, ce n’est que dans ce monde qu’il se sent dans son élément. Là, où il peut chasser le gibier, piller et marauder à gauche à droite afin de jouir instantanément de ses biens. Il ne comprend et ne pourrait comprendre la teneur de la bénédiction de Jacob. Celle-ci ne se base pas sur les plaisirs terrestres et le succès rapide. Il n’est même pas garanti que la bénédiction s’accomplissent durant la vie de celui qui la reçoit. Les véritables bénédictions de יהוה sont à long terme et concernent plusieurs, de nombreuses générations. La bénédiction de Jacob vaut pour tout un peuple et pour l’éternité. La plus grande bénédiction pour un croyant et de savoir que ce sont ses enfants, sa descendance qui profitera des fruits de sa dévotion. En transmettant le patrimoine spirituel de génération en génération, la bénédiction ne cesse de s’accroître. La bonne bénédiction pour un homme du monde comme Ésaü est bien celle qui porte ses fruits tout de suite et qui servent le bien-être de sa propre personne sans vraiment se soucier de l’avenir de ses enfants. Pour beaucoup, les enfants ne sont importants que tant qu’ils ne contribuent à rehausser la notoriété des parents aux yeux du monde. La plupart du temps, l’enfant ne compte tant que les parents peuvent s’en vanter devant les autres pour sa beauté, sa taille, sa force, son intelligence ou ses aptitudes pour certaines choses de la vie courante.page18image1637968page18image1639216

zeev shlomo

15/11/13

VAYETZE

VAYETZE

Jacob, son rêve

Fuyant la colère de son frère, Jacob se retrouve au beau milieu du désert et se couche pour se reposer. Il prend une pierre et fait un songe. Il voit une échelle dont le sommet touche le ciel et par laquelle des anges montent et descendent. Jacob était dans l’embarras, il fuyait et avait très certainement la peur au ventre. Son seul confort dans ce désert aride et froid fut une pierre en guise de coussin, symbole de la dureté de son épreuve. Aucune tente, aucune couette bien chaude, aucun oreiller bien mou, juste une pierre sous la nuque pour accompagner son sommeil. Il est bien souligné dans le texte hébreu original qu’il s’agit d’une pierre parmi les pierres de l’endroit. Lorsque nous avançons sur notre sentier de disciples, les problèmes et questions du passé et du futur n’ont pas d’importance. Qu’y a-t-il là d’oú nous sommes partis, que va-t-il se passer dans l’avenir sont des questions qui font obstacle à notre devoir présent. Durant nos ministères, la seule question qui importe est de savoir quels sont les péchés locaux du moment et comment les résoudre. Nos prières montant vers יהוה comme des messagers sur une échelle céleste sont porteuses de la solution puisque les anges s’envolent, mais redescendent de même. La quintessence de la prière est ici décrite. L’origine de la prière du soir est justement cette communication entre Jacob et l’Éternel. Jacob parlait à יהוה et יהוה lui répondait en lui renvoyant les messagers. Jacob reçut donc les réponses à ses questions, les solutions à ses problèmes, du réconfort à sa tristesse et la guérison à sa douleur. Dieu lui promet assistance et protection. Jacob construit alors un autel où il versa une huile pour sceller son alliance avec l’Éternel.

Jacob, son épreuve

Suite à sa rencontre avec יהוה, Jacob se retrouve malgré tout dans la servitude. Ou plus précisément, il se retrouve sous le joug d’une autorité étrangère. Là, d’autres lois sont de vigueur. Dans le monde, il y existe deux types de lois distinctes. La première, celle qui ne se heurte pas nécessairement aux lois de יהוה et qui se base sur la logique et le rationalisme et qui sont le plus souvent tout à fait légitimes, même du point de vue divin. Laban déclare, qu’il n’est pas coutume de marier la cadette avant l’ainée. Une telle instruction est en effet une assurance et une protection pour la jeune fille contre le délaissement et la solitude. Venant d’un père, il s’agit là d’une directive des plus sages afin de protéger son enfant. L’autre type de loi, se base par contre sur l’égoïsme et le mépris de son prochain. Lorsque Laban occulte consciemment ce petit détail, sachant que Jacob sera motivé à travailler dur pour lui afin de se procurer la femme de ses rêves, il ne fait rien d’autre que de tromper son neveu afin d’en tirer un maximum de profit à la manière d’un escroc. Jacob a ainsi servi durant deux fois sept années un homme qui était un proche, le frère de sa mère Rebecca. La personne de Laban est tout aussi exceptionnelle que celle de Rebecca. Sauf que contrairement à sa sœur, Laban se distingue par sa médiocrité et son hypocrisie. Les pôles opposés se manifestent ici également comme dans beaucoup d’autres récits de la Bible. (Caïn et Abel, Esaü et Jacob, Saul et Jonatan, …)

Nous ne pouvons connaître la raison pour laquelle יהוה laisse Jacob vivre une telle épreuve. Pourquoi doit-il travailler si dur 14 années durant avec un excédent de six années en vue de se procurer le bétail. Pourquoi doit-il de surcroît avoir lui aussi recours à la “tromperie” afin de se procurer ce qui lui était dû lors de la manipulation des naissances des chèvres et des brebis rayées et à tâches. Je n’ai pas l’intention de deviner, cependant le séjour de Jacob était manifestement une épreuve, une préparation et un fourneau qui a contribué à la purification de l’âme de Jacob qui, comme la plupart d’entre nous, avait une force de caractère qui ne fais pas bon ménage avec la Volonté Suprême.

Je fais moi-même souvent l’expérience de me retrouver de temps à autres dans des situations difficiles par la volonté de יהוה où je dois travailler dur tout en devant constamment subir des injustices flagrantes. Laban est toujours là, présent partout autour de nous et n’attend que de mettre le grappin sur notre personne. Son esprit intéressé est toujours présent, pas toujours de manière aussi consciente, mais dans sa façon de penser, par son humanisme ou par n’importe quelle autre loi humaine qui régit la personne. Beaucoup commettent de grandes injustices et/ou :יהוה laissent la voie libre à de tels péchés. Souvent, je me pose moi aussi souvent la question à “N’est-ce pas par ta volonté que je suis là où je me trouve? N’est-ce pas toi qui a voulu que je travaille ici? Pourquoi dois-je malgré tout subir de telles situations? C’est dans ces moments-là qu’arrivent les réponses. Il vaut mieux rester en silence et ne pas lutter vainement. En voulant nous défendre humainement nous nous heurtons aux puissances qui règlent ce monde et celles- ci sont immensément plus puissantes que notre pauvre personne. Nous devons non seulement subir la gêne causée par le mal présent autour de nous, mais toute la malédiction en découlant nous touche également de plein fouet. Nous sortons de la protection divine et nous aventurons sur le terrain de l’ennemi où ce dernier a absolument tous les droits et les armes pour se défendre. Car en effet, l’homme pécheur ne tolère guère que le nouveau venu lui fasse la morale et qu’il lui dise comment les choses devraient fonctionner dans son petit monde. Il vaut mieux subir en silence pendant un temps et nous tourner directement vers יהוה en prière. Mieux vaut envoyer nos messagers vers le Seigneur afin que les réponses viennent. יהוה seul est habilité à mettre de l’ordre dans nos vies et autour de nous. Il enverra son Armée quand bon lui semblera tout comme en Jacob en fit l’expérience après avoir quitté la maison de Laban. יהוה seul à le droit de régler nos comptes et restaurer les choses et les situations qui nous entourent selon Sa volonté et non la nôtre. C’est alors que nous pouvons souvent nous rendre compte que si nous devons subir des désagréments, cela nous arrive, car certaines choses ne sont pas tout à fait en règles en nous. Nous avons souvent cet orgueil du croyant fidèle en nous qui s’imagine tout mieux savoir que ces pauvres incrédules. Cela est très souvent faux. C’est fréquemment en raison de ces péchés encore présents en nous que nous avons besoin d’un petit “purgatoire” afin de pouvoir continuer notre chemin purifiés.

Jacob, sa fortune

C’est une fois de plus en songe que יהוה conseil à Jacob de se procurer son bétail en gérant astucieusement les naissances au sein des troupeaux de Laban. À travers l’histoire des brebis et des chèvres rayées et tachetées. Ici non plus il ne s’agit pas d’imposture, car c’est le Tout Puissant Lui-même qui intervient dans l’injustice subie par Jacob depuis toutes ces années. Laban explose de colère à la vue du succès de Jacob avec son bétail. יהוה intervient à nouveau et ordonne à Laban de ne faire ni de bien ni de mal à Jacob. יהוה parle à un homme qui ne lui appartient pas, qui est sous le joug d’un pouvoir spirituel étranger et avec qui il n’a guère d’alliance. Il est surprenant de lire que Laban ne peut non seulement pas faire de tort à Jacob, mais qu’aucune bonne action ne lui est pas permise non plus. Qu’y aurait-il de mal à faire le bien? En effet, le “bien” du monde est parfois bien pire que le mal proprement dit. La plus grande épine dans le pied de Jacob aurait justement été d’avoir une dette envers Laban, de devoir être reconnaissant envers une fripouille comme son beau-père pour une aide quelconque. L’une des plus grande clémence de יהוה est justement de nous libérer de toute redevance envers l’ennemi et l’homme en général. Ce fut de manière similaire que son grand-père Abraham se sépara du roi de Sodome après lui être venu en aide dans sa lutte contre des rois ennemis. Il voulut honorer le soutien d’Abraham, mais ce dernier refusa catégoriquement pour qu’aucun humain ne puisse dire qu’Abraham lui doit sa fortune et non au Seigneur. (ici Abraham le fit d’ailleurs sans aucune demande concrète de la part de l’Éternel, mais par sa sagesse innée).

Il nous est aussi parfois très tentant d’accepter des dommages et intérêts suite à une longue période de servitude. Nous estimons souvent que dédomagement nous est dû, car ayant souffert injustement des années durant. Il est bon de savoir dans ces cas-là que le véritable dédommagement ne peut provenir que du Seigneur. Il se peut que cette compensation vienne יהוה des hommes dans une certaine mesure comme dans le cas du bétail de Jacob, en revanche fait en sorte que ce bien ne provienne pas directement de la fortune concrète de l’homme. Le bien ressort toujours purifié de toute attente et emprise de l’homme. Les brebis et les chèvres obtenues par Jacob n’ont absolument pas affecté le capital de Laban dès lors qu’il n’aurait pas investit son bien comme Jacob l’a fait. Jacob a tout simplement fait fructifier un capital qui n’en a pas été lésé et qui a été restitué en intégralité à son propriétaire comme convenu. Laban n’a donc ainsi subi aucun tort de la part de Jacob et les animaux ont bien été gardés comme convenu.

Je trouve ahurissant qu’il faille encore réhabiliter la mémoire de Jacob aux yeux de pratiquement tout le monde. Le récit est pourtant si clair que j’ai du mal à croire que des milions de chrétiens et de juifs ait aveuglément adoptés la pensée et la rhétorique « esauienne » selon laquelle toutes les misères de Jacob ne sont que la conséquence des péchés de ce dernier. En lisant le récit, nous pouvons être les témoins de la façon dont les ragots naissent et se répendent afin de salir l’image d’un innocent. Jacob a toujours été quelqu’un d’honnête et de bonne volonté. Il avait cependant une faute très grave, et plus que quiconque dans la Bible était en clin à résoudre ses problèmes de manière autonome, selon ses propres dessins. Ce fut cet entêtement qui lui vaudra bien des visicitudes.

Jacob: sa fausse alliance

Jacob commet la même erreur que son père et son grand-père. Lorsque tout est terminé, lorsqu’ils sont à la limite de la délivrance, l’ennemi tente un ultime assaut. Sachant qu’il ne peut nous retenir sous son pouvoir, l’ennemi lance toujours une dernière offensive afin de commettre un maximum de torts avant de se résigner à perdre. Il attaque le côté humain de la personne et joue sur la peur. Il propose de signer un traité de non-agression du territoire où il se trouve en assurant au vainqueur qu’il ne tentera plus aucune offensive contre lui. En outre, il te laisse partir, mais en se faisant accepter comme ton allié, comme ton égal. C’est ce qui s’est produit entre Abraham et Abiméleq, entre Isaac et Abiméleq et cette fois entre Jacob et Laban. Mais si nous considérons l’ennemi comme notre allié, ne nous faisons-nous pas notre propre ennemi? Je tolère et légitime le péché que je devrai peut-être un jour combattre par la volonté de יהוה, car il en est de mon appel? Si je lui promets de ne pas prendre son territoire d’assault, que se passera- t-il, s’il prend possession entre-temps du territoire que יהוה aurait voulu me donner? Une fois de plus une fausse alliance faisant obstacle à l’Alliance avec יהוה a été passée entre un patriarche et l’ennemi. Après vingt années de dur labeur passé au service de son beau-père, lorsque ce dernier ne s’est pas simplement contenté d’exploiter son neveu, mais en outre s’octroie le droit de propriété sur tout ce que Jacob possède à savoir ses femmes et ses enfants, nous pouvons comprendre la fatigue et la lassitude de Jacob face à une telle arrogance. De plus, la mémoire de son frère Esaü le traquant en criant vengeance devait aussi constamment hanter les pensées de notre aïeul, surtout qu’il savait que la rencontre était proche. Il en a eu assez de lutter et s’est résigné à signer un pacte qu’il n’aurait pas dû. Il n’a pas eu la force de dire non, comme nous le faisons fréquemment nous même. Nous avons souvent honte de faire valoir nos droits et avons pitié de nos détracteurs. Cette fois aussi, יהוה est indulgent et envoie ses soldats derrière Jacob afin d’annuler ce contrat illicite et laisser la voie libre en Esprit à Jacob afin qu’il puisse remplir son appel sans avoir les mains attachées à quiconque ou à un passé quelconque. Durant la période séparant notre conversion et notre naissance à nouveau, nous commettons nous aussi fréquemment ce type d’erreur. De fausses alliances nous empêcheraient de poursuivre notre chemin si le Seigneur ne nous faisait la grâce de briser ces liens qui nous rattachent à notre passé. יהוה ne tient cependant pas compte du temps de l’ignorance et nous avons la possibilité d’implorer sa clémence pour nos faux pas et nos mauvaises décisions afin que tout soit annulé, anéanti, qu’ils ne soient plus de vigueur. Ainsi pouvons-nous avancer vers notre destinée en toute liberté. Ici Jacob n’était pas encore devenu Israël.

Les deux visages de Rachel

Rachel était belle de taille et de figure. Lors de la première apparition de Rebecca, la notion de beauté me semble completement différente que dans le cas présent. Rebecca fut découverte par un vieux serviteur d’Abraham. Un homme qui, de par son âge, ne devait plus vraiment avoir d’interêt quelconque dans la beauté des femmes. Il ne regardait pas le sexe opposé comme la plupart des hommes de son époque ou de la notre, mais bien d’un œil beaucoup plus sobre et sage. Jacob quant à lui était un jeune homme au sommet de sa virilité au moment de la rencontre avec Rachel et avait ainsi d’autrs valeurs. Le serviteur d’Abraham parle malgré tout de beauté dans le cas de Rebecca. Bien entendu, le désinterêt et la vieillesse n’excluent pas le sens de la beauté et du raffinement bien au contraire. Cependant la beauté décrite par Eliézer était d’un tout autre ordre. Je me rends compte moi-même en vieillissant à quel point mes goûts changent et s’affinent au cours des années et au fur et à mesure que je me sanctifie. La beauté passe du superficiel vers des couches de plus en plus profondes le l’être humain. Rebecca était sans aucun doute une très jolie jeune fille au sens physique également, malgré tout sa beauté à elle émanait surtout de l’intérieur. Chez Rachel, aucune trace d’un tel type de beauté. Nous lisons qu’elle était belle taille et belle de figure point. Un beau visage et un beau corps. Les termes utilisés pour définir la beauté des deux femmes dans le texte hébreu original différent également. Rebecca y est définie par le terme Tov (bien, ayant de la bonté) quant à Rachel, elle y est décrite comme Jafa (belle au sens physique). Rebecca se chargea d’abreuver non seulement les hommes mais aussi leurs animaux, alors que Rachel dissimule sous sa robe, les idoles de son père qu’elle compte emporter avec elle bien après son mariage avec Jacob. Ce-dernier maudit la personne ayant commis un tel crîme sans savoir qu’il s’agit de sa bien-aimée. La malédiction ne tardera pas à rattraper Rachel au moment où Benjamin verra le jour. Elle meurt en cours de route et sera enterrée seule sur le chemin alors qu’ils ne se trouvaient qu’à quelques heures de route de la grotte de Makpéla où gisent les restes de tous les grand patriarches et matriarches à l’exeption de Rachel. Même Léa y sera enterrée plus tard. Bien qu’ayant été sa femme préferée, Jacob décidera de ne pas enterrer Rachel dans la caveau familial. Elle a commis une erreur. Elle n’a pas regardé de l’avant, mais en arrière à la manière de la femme de Lot. Rachel ne s’est pas purifiée de son passé païen et cela lui a coûté la vie physique. Elle aurait dû se rattacher exclusivement au יהוה de son mari, mais tel ne fut pas le cas. Elle aura malgré tout rempli son appel, car ayant mis au monde Benjamin et Joseph. Elle n’aura cependant pas été autorisée à voir ses fils remplir les leurs.

zeev shlomo

8/11/13

TOLEDOT

TOLEDOT

Rivka la présence bénie

Sans Rébecca l’héritage d’Abraham ne serait jamais parvenu jusqu’à Jacob et ainsi aux 12 patriarches. Isaac s’est “mis en quarantaine” pour un temps ainsi c’est sa femme qui a dû prendre les rennes des affaires familiales. Elle n’a pas agi en Jézabel étant donné qu’elle ne l’a pas fait de sa volonté, mais bien parce qu’elle y a été obligée. L’homme au côté duquel elle vivait et qu’elle se devait de soutenir dans ses moments de faiblesses a perdu la vue et a momentanément suspendu la fonction qu’il avait reçue de יהוה. Isaac est devenu presque aveugle. Il est très rare qu’une telle chose arrive à un homme de יהוה. La perte de la vue est dans la plupart des cas cause du péché, généralement l’idolâtrie. En effet, Isaac n’aimait pas le même fils que יהוה aimait. Il admirait Ésaü pour sa ”virilité”. Ésaü par contre était haï de יהוה comme nous le lisons dans la haftara de la semaine Malachie 1:2. Il regardait son plus grand fils avec l’œil du monde et c’est cela qui engendra sa cécité. C’est ici que la bénédiction que Rébecca représente arrive à son point culminant. Elle va jusqu’à commettre un péché jugé très grave s’il est regardé du même point de vue mondain duquel son mari considérait son fils Ésaü. Elle a trahi son mari. Ce mari qui pour un certain temps n’était pas à la place qui lui avait été assignée par יהוה. Ce n’est cependant pas tout à fait son mari qu’elle a trahi, elle a plutôt trompé cette chose en Isaac qui provoqua sa cécité. En réalité, ce fut justement en commettant ce “délit” qu’elle a fait preuve de la plus grande des fidélités envers son mari. Rébecca n’a pas perdu la vue. En esprit, elle était tout à fait lucide et par la grâce de l’Éternel, il lui a été accordé de mener à bien le projet de יהוה qui avait momentanément été rejeté par Isaac. Elle a agi en toute bonne foi et toute légitimité. Ce furent bien plus Rébecca et Jacob qui avaient été trompés par l’esprit étranger ayant provoqué la déviance d’appréciation d’Isaac.

Jacob le tricheur

De même que dans le cas de Rébecca, Jacob n’a jamais été un escroc. Son nom, contrairement à tout idée reçue et autres mauvaises traductions, ne veut pas dire tricheur, usurpateur ou escroc, mais bien “teneur ou agrippeur de talon” (certaines sources nous rapportent qu’il veut dire “que l’Éternel favorise”, ou bien rusé). La déclaration suivante : “Est-ce parce qu’on l’a appelé du nom de Jacob qu’il m’a supplanté deux fois?” est prononcée par le même esprit usurpateur habitant Ésaü que celui qui entraîna Eve dans le péché autrefois. Une affirmation à beau figurer dans la Bible, elle n’en est pas sainte pour autant. N’oublions pas que les paroles de l’ennemis nous y sont rapportées de la même façon que nous le sont la Parole du Très Haut.

Jacob vit le jour en tenant la cheville de son frère de la main. Par cet acte, il a certainement voulu signaler quelque chose. Ils leur faudra reparler de certaines choses plus tard.
Les deux enfants se heurtaient en son sein. Pourquoi pouvaient-il bien se chamailler déjà à un âge si précoce? Qui combattait l’autre et pour quelle raison?

Chez יהוה, il existe un ordre bien établi, un ordre duquel Il peut s’écarter le cas échéant selon sa Volonté. Le droit d’aînesse est l’un des pilier de l’esprit juif. Dans certains cas cependant, il arrive que יהוה veuille témoigner de sa puissance justement en léguant son héritage aux petits, aux faibles, à ceux qui ne sont même pas pris en compte par les membres de leurs familles. Tel fut le cas du roi David et de nombreux autres. Nous ne pouvons savoir si tel était le cas ici. Cependant il est bien probable que ce soit contre cette Volonté originelle qu’Ésaü s’est rebellé déjà dans le sein de sa mère. Il profita de sa corpulence afin de supplanter la sortie de son frère. C’est à ce moment là que Jacob a signalé le subterfuge au monde extérieur : “on en reparlera!”. C’est cette discussion qui s’accomplit au moment de la vente du droit d’aînesse pour un plat de lentilles. Ésaü essaya d’usurper ce droit en utilisant la force physique, a présent, c’est en profitant de ce même penchant charnel que Jacob récupéra ce qui lui revenait de droit en ayant recours à la ruse. Toutefois, cela n’est pas aussi simple. Comment pouvait-on croire la parole d’un homme tel qu’Ésaü. Il n’avait naturellement aucunement l’intention de tenir sa promesse comme nous le verrons plus tard. Pour cette raison, Rébecca a dû venir en renfort. Car Ésaü à beau se débattre, seul leur père est autorisé à cède le droit d’aînesse ainsi que la bénédiction qui va avec.

savait et permit à Ésaü de naître le premier. En effet, Il déclare à Rébecca lorsque celle-ci fut יהוה atterrée par le comportement de ses fils pas encore nés : “Deux nations sont dans ton ventre, et deux peuples se sépareront au sortir de tes entrailles; un de ces peuples sera plus fort que l’autre, et le plus grand sera assujetti au plus petit.” (Gen 25,23). Peut-être l’inclinaison d’Isaac à la chair était-elle déjà présente en lui et c’est cela qui décida יהוה à laisser naître l’autre fils afin de mettre la famille à l’épreuve. Une situation similaire était déjà arrivée dans le cas d’Isaac justement, lorsque conséquence des “bonnes idées” et du manque de foi et de patience de ses parents, un frère aîné lui était né qui n’avait lui non plus rien d’un allié dans le Projet divin. Ismaël fut pour Isaac ce qu’Ésaü est à présent pour Jacob.

Le personnage de Jacob n’est néanmoins pas aussi pur et parfait que je le décris plus haut. En effet, il a lui aussi de très nombreuses fois fait preuve des même faiblesses humaines qui se sont manifestées chez son père et son grand-père Abraham. Son penchant pour la vérité en fait quelqu’un de batailleur à l’instar de nombre de ses aïeux. Le jeune Jacob ressemble souvent plus à un justicier qu’à quelqu’un en parfaite soumission à יהוה. Il ira jusqu’à servir l’homme, Laban pour une femme durant 14 ans en véritable chevalier inféodé. Il agit souvent sur un coup de tête sachant que יהוה est avec lui et qu’ainsi rien ne peut lui arriver, pense-t-il. Nous lisons chez Osée : “L’Éternel est aussi en contestation avec Juda, Et il punira Jacob pour sa conduite, Il lui rendra selon ses oeuvres. Dans le sein maternel Jacob saisit son frère par le talon, Et dans sa vigueur, il lutta avec יהוה.” (Os 12: 2-3). Il semblerait que Jacob n’avait pas à signaler quoi que ce soit lors de sa naissance. יהוה aurait très certainement fait valoir Sa Volonté en temps utile, il ne lui aurait pas été nécessaire d’y mettre son grain de sel. Il aurait dû laisser יהוה agir le temps venu afin qu’Il restaure tout selon sa promesse et sa volonté originale. Dans cet acte, nous pouvons voir se dessiner la même faute ancestrale qui se manifeste chez nombres de personnages qui, connaissant la volonté de יהוה dans leurs vie et sachant que l’Éternel les soutien, finissent par attraper “la grosse tête” et s’arrogent le droit d’intervenir eux-mêmes pour accélérer l’accomplissement des promesses que יהוה leur a faites.

Même les enseignements juifs qualifient souvent Jacob de tricheur. L’esprit du premier antisémite de l’Histoire, Ésaü, a été jusqu’à tromper et contaminer la pensée des descendants de Jacob. C’est une grosse erreur. Nous pouvons qualifier Jacob de têtu, d’éffronté, de téméraire, mais le terme d’usurpateur ou d’escroc est une déformation de la réalité et une accusation fausse. Il serait donc temps de réhabiliter non seulement la personne de Rébecca, mais surtout celle de Jacob. Ainsi beaucoup se rendraient peut-être compte de ce qu’est le juif en réalité. Le peuple juif n’est pas une tribu de parasites usant de ruse comme les renards afin de dépecer les peuples, mais bien une nation que beaucoup souhaitent évincer de son héritage afin de se l’accaparer. Et comme si cela ne suffisait pas, on les accuse de commettre le crime dont ils sont les victimes. Je ne souhaite pas ouvrir un chapitre à part afin de démontrer comment ce processus malsain se perpétue de nos jours lorsque par exemple, l’armée israélienne, la plus humaniste qui ait jamais existé, est sans cesses faussement accusée de commettre de graves forfaits contre d’innocentes victimes. Ce mensonge révoltant resurgit à toutes les époques sous des formes chaque fois différentes selon l’air du temps.

La plus belle preuve de la volonté de יהוה à transmettre le droit d’aînesse à Jacob se trouve dans le texte même de la bénédiction : “Voici, l’odeur de mon fils est comme l’odeur d’un champ que l’Éternel a béni. Que יהוה te donne de la rosée du ciel Et de la graisse de la terre, Du blé et du vin en abondance!…” (Gen 27: 27-28). Lorsque la bouche d’Isaac s’ouvre pour prononcer ses paroles, il n’est pas maître de ses mots. Il ne sert que d’intermédiaire, de porte-parole. C’est en effet l’Esprit de יהוה qui s’exprime. Comment Isaac aurait-il pu prononcer ses mots à un fils qui n’a jamais rien eu à voir avec l’agriculture, les champs, la récolte ou la moisson. Ésaü était un chasseur et si Isaac l’avait béni selon sa vision humaine, il lui aurait plutôt parlé de gibier et de précision dans le tir à l’arc. Ésaü n’avait que faire de la rosée du matin, de la graisse de la terre, du blé de la moisson et du vin de la vendange?page13image1625488

zeev shlomo

27.10.2013

HAYE SARAH

HAYE SARAH

Rivka

On entend souvent parler du concept de la femme parfaite. Pour ma part, je pourrais résumer cela en un mot, ou plutôt en un nom: Rivka (Rebecca). Elle est sans aucun doute l’une des personnalités les plus nobles et mémorables des Écritures. Elle est celle qui incarne tout ce mérite dont nous parle l’ode à la femme vertueuse. (Proverbes 31:10-31).

L’envoyé d’Abraham était lui aussi parfaitement conscient de ce qu’est la femme idéale. Lorsqu’il part à la recherche d’un épouse pour Isaac, il ne demande pas simplement que la fille soit hospitalière, quelqu’un qui prend soin des visiteurs (ce genre d’hospitalité est courante et n’est le plus souvent que la simple expression d’intérêts personnels), mais il demande quelqu’un qui prenne soin également des chameaux, c’est-à-dire des biens, du matériel, des ustensiles de son prochain. Ce détail peut paraître anodin, mais il témoigne d’une dévotion et d’un désintérêt tout particulier. En abreuvant les animaux Rebecca fait preuve d’une bienveillance qui n’attend rien en retour, dès lors que les chameaux sont incapables d’honorer ses services. Dans une société de bergers, il s’agit là d’une vertu inestimable étant donné qu’une bonne maîtresse de maison remplit un rôle primordial dans l’appel et dans la subsistance de son mari et ainsi de sa famille. Le mérite exceptionnel de Rebecca se manifeste davantage, lorsqu’elle prend la difficile décision de duper son mari dans la sidra parashat de la semaine prochaine. (Toledot)

La rencontre avec Rebecca est pour moi une fabuleuse histoire à laquelle j’aspire moi-même en tant que père de famille. Je souhaite profondément vivre une histoire similaire, lorsque le jour viendra que mes enfants seront en âge de se marier. Que יהוה nous bénisse d’un tel Envoyé qui ira chercher une femme comme Rebecca pour mon fils et qui viendra prendre ma fille afin de la guider vers son futur époux en qui l’Esprit Saint règne. Cet Envoyé existe déjà. Il ne tient qu’à nous de savoir demander sa venue afin qu’il aille accomplir cette mission. L’une des plus grandes joie pour un croyant est de voir ses enfants s’unir avec ceux dont la vie est également sous le règne du Messie Roi, lorsque les mariages se scellent en Christ et selon Sa volonté. Le plus grand des cadeaux est de voir nos enfants trouver leurs conjoints avec lesquels ils sauront se compléter, s’épauler et se renforcer mutuellement même si l’un ou l’autre perd l’équilibre comme dans la suite de l’histoire d’Isaac et de Rebecca.

Sarah

La parashat de cette semaine nous parle principalement de Rebecca, cependant elle porte le nom de Sarah. Sarah vécut 100 ans et 20 ans et 8 ans. Dans la traduction française, 128 ans. Cependant, cette période est subdivisée en trois comme décrit plus haut dans le texte hébreu original. Selon la tradition juive, cette subdivision souligne que Sarah était aussi belle à 100 ans qu’elle ne l’était à 20 ans et qu’elle était aussi pure à 20 ans qu’elle ne l’était à l’âge de 8 ans. Quelle qu’en soit la signification, la parashat de cette semaine nous décrit une continuité. Sarah nous quitte et Rebecca se joint à nous. La mort de l’une laisse un vide qui sera comblé par l’arrivée de l’autre. Ce rôle est essentiel dans la vie d’Isaac mais l’est également pour la communauté entière. De même que dans de nombreux cas décrits dans la Bible, lorsque quelqu’un meurt, un successeur lui est désigné. (Moïse désigne Josué, Elli Samuel et David Salomon, etc.) Rebecca est de même la digne héritière de Sarah. Nous lisons qu’Isaac est réconforté de la mort de sa mère suite à sa rencontre avec sa femme. En effet, la présence féminine manquait. Une maison (dans leur cas, une tente) est vide et froide sans la présence de la femme qui emplit les lieux. יהוה n’assure pas simplement la descendance des patriarche, des rois et des prophètes, mais celle des femmes également. La succession des femmes est aussi d’ordre vital. La fille doit aussi apprendre énormément de choses et la mère a beaucoup à transmettre. La transmission de ce savoir féminin est tout aussi indispensable que le savoir transmis de père en fils. En effet, sans la femme et sans tout ce qu’elle peut nous donner, nous, les hommes, serions désemparés. Il est très important de prier pour la restauration de la femme, car leur réédification assure en grande partie la nôtre. Puisse l’Éternel rendre les femmes actuelles comme Sarah et Rebecca.page11image1643792page11image1612384

zeev shlomo

25.10.2013

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